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Les traditions

Les Archontes : ce que les gnostiques disaient des gardiens du monde

Vincent Trapinaud27 septembre 202615 min de lecture

Dans les textes gnostiques des premiers siècles, les Archontes — du grec archôn, « gouverneur » — sont les puissances qui gouvernent les sphères séparant l'âme humaine de la lumière d'où elle vient. Ils ne règnent pas par la force mais par l'ignorance, l'agnoia : tant que l'être humain ne sait pas ce qu'il est, il reste en place. Le remède que proposaient les gnostiques n'était ni une révolte ni une foi, mais une connaissance directe de soi : la gnosis.

Qui étaient les gnostiques ?

Le mot « gnostique » vient du grec gnôsis, la connaissance. Il désigne un ensemble de courants religieux et philosophiques qui fleurissent autour de la Méditerranée aux IIe et IIIe siècles de notre ère, surtout dans l'orbite du christianisme naissant, à Alexandrie, à Rome, en Syrie. On connaît quelques noms de maîtres — Valentin, Basilide — et des familles de textes que les historiens regroupent par parenté de mythes. Mais il n'y a jamais eu d'Église gnostique unique, ni de credo commun.

Ce qui les rapproche, c'est une question, et le refus des réponses confortables. Le tome I des Fermiers la formule ainsi : si Dieu est bon et tout-puissant, pourquoi le monde est-il tel qu'il est ? La réponse gnostique est cosmologique : le monde est tel qu'il est parce qu'il a été fabriqué par quelqu'un qui n'est pas le Dieu suprême.

Pendant quinze siècles, on n'a connu ces courants presque que par leurs adversaires. Irénée de Lyon, vers 180, écrit Contre les hérésies pour les réfuter ; d'autres polémistes chrétiens suivront. Autant reconstituer une pensée à partir des seuls réquisitoires de ses procureurs. La Gnose, insiste le tome I, « n'est pas une secte », ni une religion de fous illuminés méprisant le corps : c'est un système de pensée qui décrit des mécanismes, des structures, des entités avec des fonctions.

Nag Hammadi, 1945 : la bibliothèque sortie d'une jarre

En décembre 1945, près du village de Nag Hammadi, un paysan égyptien, Muhammad Ali al-Samman, creuse le sol au pied d'une falaise pour y chercher du sabakh, un engrais naturel que les fellahs prélèvent dans les terres anciennes. Sa pioche heurte une jarre en terre, scellée. Il hésite, raconte-t-on : une jarre fermée peut abriter un djinn. Il la brise quand même.

À l'intérieur : treize codex de papyrus reliés de cuir, une cinquantaine de textes en copte, la langue de l'Égypte chrétienne. Ce sont des copies du IVe siècle, traduites d'originaux grecs plus anciens. Pour la première fois, on lit les gnostiques dans leurs propres mots. Parmi ces textes, plusieurs sont devenus célèbres : l'Évangile selon Thomas, l'Évangile de Vérité, et surtout, pour notre sujet, l'Apocryphe de Jean et l'Hypostase des Archontes. L'édition de référence en anglais, dirigée par James M. Robinson, s'intitule The Nag Hammadi Library in English.

Pourquoi ces livres ont-ils été enterrés ? Personne ne le sait avec certitude. L'hypothèse la plus souvent avancée les relie au durcissement du canon chrétien au IVe siècle : en 367, la lettre pascale d'Athanase d'Alexandrie fixe la liste des livres reconnus, et quelqu'un, peut-être dans un monastère voisin, aurait préféré cacher plutôt que brûler. C'est une hypothèse d'historiens, pas un fait établi. Le tome I y lit le geste d'un inconnu qui « avait refusé de brûler ces textes », qui avait jugé qu'ils devaient survivre — et il pose la question qui ouvre son chapitre : qu'est-ce qui était si menaçant dans ces pages ?

Le Démiurge et le Plérôme : un monde fabriqué sous un ciel plus vaste

Au sommet de la cosmologie gnostique se tient une réalité que les textes appellent le Plérôme, la « plénitude » : le monde de la lumière, habité par des émanations divines, les éons. Ce Plérôme n'est pas notre monde. Il est au-dessus, au-delà, et, comme le note le tome I, sa nature exacte reste « délibérément floue même dans leurs textes les plus précis ». Les gnostiques décrivent avec soin les étages inférieurs et laissent le sommet dans une lumière qu'ils ne prétendent pas saisir.

Le monde matériel, lui, est l'œuvre d'une figure secondaire : le Démiurge, du grec dêmiourgos, l'artisan. Les écoles lui donnent plusieurs noms — Yaldabaoth, Saklas, Samaël. Dans l'Apocryphe de Jean, il naît d'un faux pas de Sophia, la Sagesse, l'un des éons : une émanation produite sans accord, difforme, que le texte décrit sous les traits d'un serpent à face de lion. Sophia le cache hors du Plérôme. Il emporte avec lui une part de la puissance de sa mère, et se met à fabriquer : des puissances, des cieux, un monde.

Puis il déclare qu'il est un dieu jaloux et qu'il n'y en a pas d'autre que lui. Le texte commente aussitôt, avec une ironie qui traverse les siècles : en disant cela, il laissait entendre qu'il en existait un autre — sinon, de qui serait-il jaloux ? Le Démiurge n'est pas le mal absolu. Il est un fabricant limité qui ignore ce qui le dépasse. Le tome I reprend l'image : un artisan qui travaillerait « à partir d'un plan qu'il ne comprend pas entièrement, en utilisant des matériaux qu'il n'a pas créés ».

Le tome I appuie surtout sur la motivation de ce fabricant. Selon sa lecture, le Démiurge n'a pas créé par amour mais « par nécessité productive » : il a enfermé une étincelle de lumière, le pneuma, dans un corps dense et un monde opaque, et cet enfermement produit quelque chose. Les gnostiques ne l'appellent pas Loosh ; le tome I propose de l'appeler « l'émanation de l'âme captive ». Il faut être clair : c'est une interprétation. Les textes parlent d'emprisonnement, de jalousie, de convoitise de la lumière ; l'idée d'une récolte d'énergie émotionnelle est la clé de lecture que les Fermiers leur appliquent, pas une phrase qu'on trouverait telle quelle dans un codex.

Qui sont les Archontes, et que gardent-ils ?

Sous le Démiurge, les textes placent ses créatures : les Archontes, les « gouverneurs ». Dans le cosmos antique, la Terre est entourée de sphères concentriques — celles des planètes, puis celle des étoiles fixes. Les gnostiques font de ces cieux des étages de gouvernement. Chaque sphère a son Archonte ; ensemble ils forment une administration du monde, placée entre l'âme humaine et la lumière du Plérôme. Le tome I les définit d'une phrase : ce sont « les gardiens des couches — appelées sphères ou archontats — qui séparent l'âme humaine de la lumière originelle ».

Dans l'Apocryphe de Jean, ce sont eux qui façonnent le corps d'Adam, sur un modèle entrevu d'en haut. Mais leur ouvrage reste inerte. Il ne se lève que lorsque le Démiurge, trompé, souffle en lui la puissance qu'il tenait de sa mère. Aussitôt, Adam devient plus lumineux et plus intelligent que ceux qui l'ont fait. Les Archontes, jaloux, s'emploient alors à l'enfoncer dans la matière et l'oubli. Tout le drame gnostique tient dans ce renversement : la créature porte une lumière que ses gouverneurs n'ont pas.

L'Hypostase des Archontes — « la réalité des gouverneurs » — s'ouvre sur une phrase de l'apôtre Paul : notre combat n'est pas contre la chair et le sang, mais contre les autorités de ce monde. Le tome I y lit la description la plus directe des Archontes : non des allégories du mal intérieur, mais des êtres réels des couches non physiques, qui ont besoin de la lumière humaine sans pouvoir la produire.

Ce qui frappe l'auteur, c'est la précision fonctionnelle du portrait. Les Archontes ne sont ni omniscients ni omnipotents. Ils peuvent influencer les émotions, amplifier la peur et le désir, obscurcir la perception. Ils ne peuvent pas forcer. Ils ne peuvent pas éteindre l'étincelle.

Leur fonction n'est pas de punir mais de maintenir. Et l'outil de ce maintien n'est ni la chaîne ni le fouet : c'est un voile.

L'agnoia : pourquoi l'ignorance est le vrai verrou

Agnoia signifie en grec « ignorance », littéralement « non-connaissance ». Chez les gnostiques, ce n'est pas un simple manque d'instruction. C'est une condition : l'étincelle a oublié ce qu'elle est et d'où elle vient. Elle se prend pour le corps qui la contient, pour le monde qui l'entoure, pour les rôles qu'on lui donne. Elle dort.

Les textes aiment les images de l'aveuglement, et ils les appliquent d'abord aux gouverneurs eux-mêmes. Dans l'Hypostase des Archontes, le chef des Archontes est dit aveugle ; son nom de Samaël y est glosé « dieu des aveugles ». Quand il proclame qu'il n'y a pas d'autre dieu que lui, une voix d'en haut lui répond qu'il se trompe. L'ignorance n'est donc pas seulement ce que les Archontes imposent : c'est aussi ce qu'ils sont. Des aveugles qui gouvernent des endormis. Dans l'Évangile de Vérité, autre texte de Nag Hammadi, c'est l'ignorance du Père qui engendre l'angoisse et la terreur, comme un brouillard où personne ne voit plus rien.

Le tome I tire de ce motif sa lecture la plus nette. Si les Archontes entretiennent l'agnoia, ce n'est pas, dit-il, « pour le plaisir de la domination », mais parce que l'ignorance produit exactement le type d'énergie émotionnelle dont ils ont besoin :

C'est là que la lecture des Fermiers rejoint leur vocabulaire du miel. Un être qui ne sait pas ce qui lui arrive réagit : il a peur, il s'indigne, il désire, il s'accroche. Ces réactions, le livre les nomme Ba-Miel pour la souffrance et Hab-Miel pour l'attachement et le désir chronique (voir la page consacrée au Miel). Dans cette grille, l'agnoia n'est pas une faute morale. C'est la condition de production. On ne récolte pas un champ qui sait qu'il est un champ.

Cette idée ne réclame aucun complot. Le tome I le souligne à propos du monde contemporain : ceux qui font tourner les dispositifs qui captent l'attention sont souvent « les personnes les moins ésotériques de leur époque ». Ils ne connaissent pas le système, et le servent d'autant mieux qu'ils l'ignorent. L'agnoia est partagée par tous, y compris par ceux qui semblent tenir les leviers. La machine n'a besoin d'aucun conjuré.

La gnose : une connaissance, pas une croyance

Face à l'agnoia, les gnostiques ne proposent pas une doctrine à laquelle adhérer. Ils proposent la gnosis : une connaissance directe, vécue, de sa propre nature. Pas « croire que » l'on est une étincelle, mais le reconnaître en soi, comme on reconnaît un visage. Le tome I le dit en trois mots : « Pas la croyance. Pas la foi. La connaissance. »

Le salut n'y vient pas d'une obéissance ou d'une appartenance, mais d'un souvenir. Le tome II, Le Troisième Miel, le résume ainsi :

La conséquence pratique est considérable. Si la prison est l'oubli, on n'en sort pas en brisant des murs mais en se souvenant. Et personne ne peut se souvenir à votre place. La connaissance, rappelle le tome II, « ne se reçoit pas d'autrui, elle se vérifie en soi ». D'où la consigne que l'auteur répète d'un livre à l'autre, et qui est aussi la règle de ce blog : ne croyez pas, vérifiez. Une carte, pas une croyance.

Le tome II signale un piège : l'« éveillé » qui fait la leçon et voit clair dans le jeu de tous n'est généralement pas éveillé du tout. La gnose ne donne aucune supériorité sur autrui ni aucun pouvoir sur les Archontes. Elle donne une vue. C'est tout, et c'est beaucoup.

Archontes et Récolteurs de terrain : la lecture des Fermiers

Le chapitre 5 du tome I porte un titre qui résume son parti pris : « La Gnose : les Archontes comme rapport technique ». L'hypothèse est que les gnostiques d'Alexandrie et Robert Monroe, l'homme de radio américain qui explore dès 1958 des états hors du corps, ont décrit la même géographie avec deux langues différentes.

Dans la carte des Fermiers, la hiérarchie comporte trois niveaux : les Récolteurs de terrain, au contact des humains ; les Négociants, qui organisent la circulation de ce qui est récolté ; les Architectes, qui ont conçu le dispositif (tout l'édifice est présenté sur la page de l'univers des Fermiers). La correspondance proposée par le livre est directe : les Archontes, gardiens des sphères, sont « exactement les Récolteurs de terrain » ; le Démiurge, leur créateur, est l'Architecte. Et le Plérôme, au-dessus, rappelle ce que Monroe lui-même admet dans Ultimate Journey : au-delà des Architectes, il y a quelque chose que personne ne comprend vraiment. Ce silence au sommet, dit le livre, est en lui-même une information.

Pour le détail de ce que Monroe a rapporté, et de l'origine du mot Loosh, voyez notre article Le Loosh de Robert Monroe. Ici, retenons la conclusion que l'auteur tire du rapprochement :

Le tome I précise que cette convergence ne prouve pas que le système est réel « au sens où une équation mathématique est vraie ». Elle pose une question. C'est au lecteur d'en juger, et c'est le sens de la lame qui accompagne cet article, XVIIII, Un aveuglement : son invitation est de « cesser de vous réfugier dans vos chimères : ouvrez les yeux ».

Ce qui change quand on sait

Pour un système qui vit de l'ignorance, le danger n'est pas la révolte : elle produit de la colère, de la peur, de l'exaltation, et se récolte très bien. Le danger, c'est la lucidité. Le tome I le formule sans détour : la menace principale n'est « pas la révolte. Pas la violence. Pas l'organisation politique. La connaissance de soi. »

D'abord, la qualité de ce que vous produisez. Un être qui sait ce qui se joue quand l'indignation monte devant un écran, ou quand l'angoisse tourne en boucle à trois heures du matin, ne cesse pas d'éprouver des émotions. Mais il cesse de s'y confondre. Il voit la vague arriver, il la nomme, il la laisse passer. Le livre appelle ce qui naît alors une « énergie de lucidité consciente », ni Ba-Miel ni Hab-Miel : ce que le tome II développera sous le nom de Troisième Miel (voir les trois miels et les émotions).

Ensuite, votre rapport à la peur. Il n'y a pas d'ennemi à combattre, pas de rituel de protection à apprendre, pas d'entité à vaincre. Le tome I est formel sur ce point : les Archontes « ne peuvent pas empêcher un être humain de se souvenir de sa nature réelle si cet être cherche activement cette mémoire ». Voir suffit. On cesse de miser sur la table où l'on perdait.

Enfin, votre regard sur les autres. Le gnostique, dans ce livre, n'est pas un initié détenteur de secrets : c'est quelqu'un qui, ayant vu la mécanique, reconnaît ce qui se joue dans sa propre vie. Cela ne donne aucun droit de réveiller les autres de force.

Précautions : ce que l'on peut dire, et ce que l'on ne peut pas dire

Le gnosticisme est pluriel. Ce que l'on appelle ainsi regroupe des écoles différentes, parfois rivales, dont les mythes ne coïncident pas. Les Archontes de l'Apocryphe de Jean ne sont pas exactement ceux des valentiniens, et tous les textes de Nag Hammadi ne sont même pas gnostiques au sens strict. Plusieurs historiens récents se demandent d'ailleurs si la catégorie « gnosticisme » elle-même, forgée par les modernes à partir des polémistes antiques, ne fait pas plus de mal que de bien. Parler de « la » Gnose, comme le fait le tome I, est une simplification commode ; il faut la savoir telle.

Les interprétations divergent. Les mêmes textes ont été lus comme une philosophie de l'exil de l'âme (Hans Jonas, The Gnostic Religion), comme le témoin d'un christianisme primitif pluriel écarté par l'orthodoxie naissante (Elaine Pagels, The Gnostic Gospels), comme une pensée à prendre au sérieux dans ce qu'elle dit et pas seulement dans ce qu'elle symbolise (Jacques Lacarrière, Les Gnostiques). Le tome I note lui-même que Pagels « ne tire pas les conclusions cosmologiques que ce livre tire ». La lecture des Fermiers est une lecture de plus, assumée comme hypothèse.

L'histoire de l'effacement mérite nuance. Que les courants gnostiques aient été combattus comme hérésies par l'Église de leur temps, et que leurs livres aient presque disparu, est un fait. Le tome I y voit une « opération de protection du système », en précisant que c'est « une description structurelle » et non une accusation. Gardons-la au premier plan : il ne s'agit pas de désigner des coupables, ni hier ni aujourd'hui. Une institution qui a besoin de docilité écarte ce qui la dérange sans que personne n'ait à comploter.

Reste le cœur, qui ne dépend d'aucune de ces querelles : l'idée que la prison la plus solide est l'oubli, et que la clé n'est pas une croyance mais un regard. Vous pouvez la mettre à l'épreuve sans rien accepter d'autre. C'est ce que proposent les livres des Fermiers, à commencer par le tome I, Les Fermiers, dont le chapitre 5 est entièrement consacré à la Gnose.

Questions fréquentes

Qui sont les Archontes dans la Gnose ?

Dans les textes gnostiques des IIe et IIIe siècles, les Archontes (du grec archôn, « gouverneur ») sont les puissances créées par le Démiurge pour gouverner les sphères célestes qui séparent l'âme humaine de la lumière divine. Ils ne sont ni omniscients ni tout-puissants : ils peuvent obscurcir la perception et attiser la peur ou le désir, mais ne peuvent pas éteindre l'étincelle divine que l'être humain porte en lui.

Qu'est-ce que la bibliothèque de Nag Hammadi ?

C'est un ensemble de treize codex de papyrus découverts en décembre 1945 près de Nag Hammadi, en Haute-Égypte, dans une jarre enterrée. Ils contiennent une cinquantaine de textes en copte, copiés au IVe siècle à partir d'originaux grecs, dont l'Apocryphe de Jean, l'Hypostase des Archontes, l'Évangile de Vérité et l'Évangile selon Thomas. Ils ont permis de lire enfin les gnostiques dans leurs propres mots.

Quelle différence entre le Démiurge et le Plérôme ?

Le Plérôme, la « plénitude », désigne chez les gnostiques le monde de la lumière divine et de ses émanations, les éons. Le Démiurge (Yaldabaoth, Saklas ou Samaël selon les textes) est une figure inférieure, née hors du Plérôme, qui a fabriqué le monde matériel en ignorant ce qui le dépasse. Il se croit le seul dieu ; les textes soulignent précisément son aveuglement.

Que signifie agnoia chez les gnostiques ?

Agnoia est le mot grec pour « ignorance ». Chez les gnostiques, ce n'est pas un manque d'instruction mais une condition : l'étincelle divine a oublié ce qu'elle est et d'où elle vient. Selon le mythe, les Archontes entretiennent ce voile. Le remède n'est pas la foi mais la gnosis, une connaissance directe de soi qui ne se reçoit pas d'autrui et se vérifie en soi-même.

Les Archontes sont-ils les Fermiers de Monroe ?

C'est la lecture proposée par le tome I des Fermiers de Vincent Trapinaud : les Archontes, gardiens des sphères, y correspondent aux Récolteurs de terrain, et le Démiurge à l'Architecte. L'auteur y voit la même carte que celle de Robert Monroe, dans une autre langue. Il le présente comme une hypothèse de convergence, non comme une preuve ni comme un contenu explicite des textes anciens.

Sources

Vincent Trapinaud
Vincent Trapinaud

Auteur de la trilogie Les Fermiers et créateur de l'Atanor, le Tarot des Fermiers. Il propose une carte, pas une croyance : chacun est libre de la confronter à sa propre expérience.

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