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Le Miel

Le Hab-Miel : pourquoi la joie aussi peut être un piège

Vincent Trapinaud27 septembre 202615 min de lecture

La joie n'est pas un piège. Ce qui en fait un, dans la carte des Fermiers, c'est sa structure : une joie suspendue au dehors, poursuivie comme une dose, produite en réaction et aussitôt perdue. C'est ce que le tome II appelle le Hab-Miel, « le piège le plus doux » : une course au bonheur qui fait avancer de meilleure humeur, mais toujours attelé. La sortie n'est pas de fuir la joie, c'est de l'habiter.

La joie peut-elle vraiment être un piège ?

L'objection vient toute seule, et le deuxième chapitre du Troisième Miel la pose lui-même. Que la souffrance nourrisse la Ferme, soit. Mais la joie, le rire, l'amour, la gratitude ? C'est précisément ce qui nous sauve.

C'est l'objection la plus naturelle du monde, répond l'auteur, et c'est exactement celle que la Ferme compte sur nous pour formuler. Le Ba-Miel attrape les désespérés ; le Hab-Miel attrape tous les autres : les optimistes, les bons vivants, les chercheurs de lumière, ceux qui ont fait du bonheur un projet. Ceux-là se croient hors d'atteinte, puisqu'ils courent vers le beau.

Que l'on s'entende bien : le livre ne demande à personne de se méfier de ses joies, ni de regarder ses bonheurs « avec le soupçon du comptable ». Les belles heures sont belles. Le rire d'un enfant est un rire d'enfant. (Pour la carte d'ensemble des trois miels, voir Ba-Miel, Hab-Miel, Troisième Miel ; cet article descend dans un seul étage, le plus agréable, donc le moins surveillé.)

Le problème n'est pas la joie. Le problème est sa structure. Le Hab-Miel vient toujours du dehors : d'un visage qui apparaît à la porte, d'une reconnaissance, d'un projet qui aboutit, d'un ciel qui se dégage. Il est une réponse, magnifique mais une réponse, à quelque chose qui arrive. Retirez la chose, et il s'éteint. Or tout ce qui dépend du dehors peut être contrôlé du dehors : donné, repris, dosé, promis, puis différé. « Une joie conditionnelle, écrit l'auteur, est une joie que quelqu'un, ou quelque chose, tient en laisse. Et une laisse, même dorée, reste une laisse. »

Le Hab-Miel, l'engrais d'une Ferme qui ne veut pas de bétail désespéré

Le premier tome, Les Fermiers, définit le Hab-Miel comme l'énergie des émotions légères : la joie, la gratitude, l'amour, l'émerveillement. Plus subtile que le Ba-Miel, plus volatile, et surtout bien moins abondante : les instants de joie pure sont rares, ceux de peur ou de tristesse constants. Pourquoi alors laisser exister la joie ? Le tome I pose la question contre lui-même, et lui donne deux réponses « non exclusives ».

Première réponse : l'engrais

La première est agronomique. Un sol épuisé ne produit plus rien. Une humanité sans aucun espoir, sans aucune raison de se lever, cesserait de produire, et de se reproduire.

Le tome II précise l'image. Un bétail uniquement tourmenté finit par se révolter ou par sombrer dans l'apathie : le désespoir total est mauvais pour le rendement. Il faut que la bête goûte assez de bonheur pour courir encore après la prochaine récompense. Le Hab-Miel est « le carburant de l'espérance ». Une Ferme intelligente fait des gens « presque heureux » : assez pour tenir, pas assez pour lever la tête.

Seconde réponse : ceux qui s'en nourrissent frugalement

La seconde réponse est plus spéculative, et le tome I la présente comme telle. Certaines traditions, dit-il, notamment des courants gnostiques et certaines lectures de l'anthroposophie, suggèrent que le Hab-Miel a une valeur propre pour d'autres êtres, plus évolués, qui se nourrissent autrement. Les Fermiers de base consomment le miel sombre ; mais plus haut dans la hiérarchie existeraient des êtres qui consomment le miel clair « avec parcimonie, frugalement, sans chercher à en maximiser la production ». Deux économies coexisteraient dans le même système, et cette coexistence y créerait une tension interne.

Retenez-le pour ce que c'est : une hypothèse à l'étage le plus haut de la carte, qu'aucune observation ne peut trancher, et dont le reste du raisonnement n'a pas besoin. La première réponse, elle, vous pouvez l'éprouver : une joie qui vous fait avancer sans jamais vous faire arriver.

La course au bonheur : pourquoi le meilleur est toujours avant

Le cœur du chapitre II est la description d'un mécanisme, « d'une élégance redoutable ». On court après une chose : un poste, un amour, une maison, une reconnaissance. L'attente produit de la tension, donc du Ba-Miel. On l'obtient : bouffée de Hab-Miel, brève, intense, délicieuse. Puis l'éclat retombe, « c'est la loi de toute chose obtenue », et le vide revient, un peu plus creux qu'avant. Alors on désigne une nouvelle chose à poursuivre.

Espoir, tension, brève joie, retombée, nouveau manque. À chaque tour, les deux jarres se remplissent : la sombre pendant la course, la claire au moment fugace de la prise. D'où la phrase la plus importante du chapitre : le Ba-Miel et le Hab-Miel ne sont pas des ennemis, ce sont « les deux mains de la même traite ». La carotte et le bâton appartiennent au même bras.

L'anticipation surpasse la prise

Il y a, dans ce cycle, un raffinement que chacun a vécu sans le nommer. Le voyage préparé pendant des mois donne plus de joie en imagination qu'une fois vécu, et l'on se surprend, sur place, à penser déjà au retour. Le dîner attendu toute la semaine n'était « que » bon. La promotion espérée si fort devient en trois jours la nouvelle normale, et l'on regarde déjà l'échelon au-dessus. Le pic du Hab-Miel, conclut le livre, n'est presque jamais dans la possession : il est dans la poursuite. Or la poursuite, c'est de la tension. Nous croyons vivre pour les sommets ; nous vivons dans la montée perpétuelle, c'est-à-dire dans la sécrétion perpétuelle.

Ce que la recherche décrit, sans rien dire des Fermiers

Le tome II note que ce phénomène « a un nom dans les laboratoires » : l'adaptation hédonique. Après un gain comme après une perte, le bien-être tend à revenir vers un niveau habituel. L'étude la plus citée, publiée en 1978 par Philip Brickman et ses collègues, comparait des gagnants de la loterie à des personnes devenues paraplégiques ; les gagnants ne se déclaraient pas beaucoup plus heureux que la moyenne. Les travaux ultérieurs ont nuancé ce résultat, l'adaptation n'est ni totale ni identique pour tous, mais le mouvement général est solide : on s'habitue à ce qu'on a obtenu.

Les neurosciences apportent un éclairage complémentaire, à formuler avec prudence : les circuits cérébraux de la récompense, où intervient la dopamine, semblent davantage liés à l'anticipation et au fait de vouloir qu'au plaisir de la chose obtenue. Ce n'est pas une preuve de la Ferme. C'est la description, dans un autre vocabulaire, d'un dispositif qui nous fait courir plus volontiers qu'il ne nous fait savourer.

Dépendance au bonheur : le shoot de plaisir et l'attente du suivant

Notre époque, dit le tome II, a porté cet art à une perfection inédite. Le petit cœur rouge sous une publication n'est pas du bonheur : c'est « un microgramme de Hab-Miel, calibré, délivré à intervalle imprévisible ». Et c'est l'imprévisibilité qui rend l'appareil irrésistible : on sait depuis longtemps qu'une récompense aléatoire accroche plus solidement qu'une récompense certaine. C'est le principe de la machine à sous, devenu celui de nos poches. Nous vérifions, non pour la joie que cela donne, elle est minuscule, mais pour la chance qu'il y en ait une.

La même mécanique s'étend à l'objet acheté qui cesse de réjouir presque aussitôt possédé, à la vie des autres mise en scène qui fait de leurs bonheurs affichés la mesure de notre manque. Le tome II appelle l'ensemble une « raffinerie » : elle ne produit pas le bonheur mais le manque de bonheur, revendu par petites doses. Le Hab-Miel y est l'appât ; le Ba-Miel, le rendement réel (voir réseaux sociaux, anxiété et colère).

Encore faut-il le dire clairement, comme le fait le tome I : cette logique n'a besoin d'aucune conspiration. Personne n'a besoin de vouloir votre dépendance. Il suffit d'un système qui optimise, sans le savoir, pour ce qui vous fait revenir.

Marc, ou l'homme parfaitement récolté

Le livre donne un visage à tout cela. Marc a trente-six ans et réussit à peu près tout : une promotion, une voiture, un appartement avec vue, des vacances qu'on photographie. À chaque acquisition, une vraie joie, vive, presque électrique. Mais elle ne dure jamais. Le lendemain de la promotion, il pense à la suivante. En vacances, il rafraîchit le compteur de likes plus souvent qu'il ne regarde la mer qu'il a sous les yeux.

Marc n'est pas superficiel, écrit l'auteur : c'est « un homme parfaitement récolté ». Il confond le pic de l'obtention avec le bonheur et, comme ce pic retombe toujours, il en conclut qu'il lui faut un pic plus haut. Le jour où il n'y a rien à conquérir, un dimanche vide, une convalescence, il devient anxieux sans comprendre pourquoi. Privé de carotte, il découvre le fond qu'il fuyait, et invente aussitôt une nouvelle chose à désirer pour ne pas le regarder.

Si ce portrait vous parle, ne vous en voulez pas : c'est l'état ordinaire d'un être dressé à courir.

Positivité toxique : pourquoi la pensée positive obligatoire ne tarit rien

Face au Ba-Miel, le remède le plus vendu de notre époque consiste à produire du Hab-Miel sur commande : voir le verre à moitié plein, afficher de bonnes ondes, tenir un journal de gratitude comme on remplit un quota. Le tome II y consacre un avertissement net.

La tension continue de couler en dessous, pendant qu'on sourit par-dessus : un producteur qui souffre et qui s'interdit de le voir « produit deux fois ». Ce qu'on appelle aujourd'hui la positivité toxique n'est pas un excès de joie. C'est une joie devenue obligation, donc une tension de plus : la peur de ne pas être assez heureux, la honte de ne pas y arriver.

Le livre ne condamne pas la gratitude. La vraie « n'est pas une chose qu'on se commande ; c'est une chose qu'on remarque », quand on est assez présent pour la sentir monter d'elle-même. Dans un cas on fabrique, dans l'autre on constate.

Le même piège a sa version intérieure : la quête de soi devenue consommation sans fin, stages, lectures, sérénité transformée en trophée. C'est, dit le tome II, « exactement le cycle du Hab-Miel, mais habillé de spiritualité ». La carotte a simplement changé de nom.

L'amour conditionnel, le cas le plus délicat

Le chapitre ose un cas qu'on préférerait laisser de côté. L'amour est la plus belle source de Hab-Miel, et, lorsqu'il est conditionnel, le plus solide des liens de récolte. Un amour qui dépend de ce que l'autre donne, renvoie, approuve, produit des sommets quand tout va bien. Qu'il soit menacé, et la même relation devient jalousie, angoisse de l'abandon, besoin dévorant d'être rassuré. Il n'y avait qu'une seule chose : « une joie suspendue à une condition, et donc une souffrance en réserve ».

L'auteur insiste : il ne dit pas que l'amour est un piège, mais qu'un amour entièrement suspendu au dehors fonctionne comme tel, quelle que soit sa sincérité. Et il laisse entrevoir une autre manière d'aimer : une tendresse qui ne soit pas une exigence, un lien qui donne sans tenir en otage.

Les anciens l'avaient vu, chacun dans sa langue. Épicure, qu'on a tant calomnié, distinguait le plaisir en mouvement, la bouffée qui accompagne un désir comblé et en réveille aussitôt un autre, du plaisir stable de l'âme en repos, qui ne dépend presque de rien. Vingt-trois siècles avant nous, note le tome II, il avait déjà séparé le miel qu'on récolte de celui qu'on ne récolte pas.

Joie récoltée, joie habitée : la différence qui change tout

Que faire, alors, de ce miel-là ? Le tome II écarte deux erreurs symétriques : le poursuivre comme un dément, ou le fuir comme un ascète aigri. Celui qui court après la joie produit de la tension, celui qui se la refuse produit du ressentiment. La voie est dans la manière de la vivre.

C'est, remarque l'auteur, le même geste que devant le Ba-Miel : ne pas combattre, ne pas s'identifier, voir passer. Car le seul fait qui change tout, pour le miel sombre comme pour le clair, c'est la présence de quelqu'un qui regarde le miel couler. Tant que personne ne regarde, la joie comme la peine sont récoltées dans le noir. C'est la porte du Troisième Miel, qui n'est pas une émotion de plus mais une façon de ressentir en sachant que l'on ressent, ce que le premier tome appelle la non-réaction lucide.

Le test du livre

Pour distinguer les deux joies, le tome II propose un test « sans pitié » : cette joie survit-elle à la disparition de sa cause ? Si elle s'éteint à la seconde où le compliment se tait, c'était une joie conditionnelle. Le bouquet fane dès qu'on le coupe de sa racine. Il existe une autre tonalité, plus calme, qui ne dépend d'aucun événement précis et traverse donc les pertes sans s'effondrer.

Attention : la joie habitée n'est pas une joie plus intense. Le tome II range l'extase spirituelle qu'on poursuit toute sa vie dans le Hab-Miel déguisé. La présence, dit-il, « n'éblouit pas, elle éclaire doucement ».

Un homme assis sur des marches

L'exemple que donne le livre est d'une banalité parfaite, et c'est ce qui le rend précieux. Un homme épuisé par des mois de course s'assoit un soir devant chez lui, trop fatigué pour sortir son téléphone. Il ne fait rien. Et soudain la lumière de fin de journée sur le mur d'en face lui apparaît, vraiment : la couleur, la chaleur, la manière dont elle décline. Un merle chante. Il est traversé par quelque chose qui n'est ni de la joie ni de la tristesse, une présence si pleine qu'il en a les larmes aux yeux. « J'étais juste là, pour une fois. Et c'était suffisant. » Il n'a rien gagné, rien obtenu. Et il sait qu'il vient de toucher quelque chose de plus réel que tout ce qu'il poursuivait.

Comparez avec Marc devant la mer, le pouce sur son compteur. D'un côté une joie qui attend sa confirmation du dehors ; de l'autre une présence qui n'attend rien. La seconde n'est pas plus vertueuse : elle est d'une autre nature, et elle ne se récolte pas.

Comment sortir de la course au bonheur sans renoncer à la joie ?

Pas de méthode miracle ici, et le livre s'en garde lui aussi : faire de la sortie de la course une nouvelle course serait retomber dans le piège. Seulement quelques gestes d'attention, à essayer la prochaine fois qu'une joie arrive.

  1. Au moment de la joie, restez-y. Quand une bonne nouvelle arrive, remarquez où elle se loge dans le corps : la poitrine qui s'ouvre, le souffle qui s'allonge, le visage qui se détend. Restez-y quelques secondes de plus que d'habitude, avant de la raconter, de la photographier ou de penser à la suite.
  2. Repérez le moment de la retombée. C'est l'instant où le Hab-Miel se révèle. Qu'est-ce qui vient juste après la joie : un vide, une agitation, le besoin de la prochaine chose ? Ne cherchez pas à le corriger. Voyez-le.
  3. Appliquez le test du livre. Cette joie tiendrait-elle si sa cause disparaissait ? Il n'y a pas de mauvaise réponse : savoir qu'une joie est conditionnelle ne l'abîme pas, cela vous évite seulement de vous y pendre.
  4. Observez vos vérifications. Avant de consulter un compteur ou un message, sentez la petite tension qui précède le geste : c'est la course, en miniature.
  5. Accueillez les moments vides. Le dimanche sans projet, l'attente sans téléphone, la convalescence. C'est là que Marc devient anxieux, et c'est là aussi que l'homme sur les marches a vu la lumière. Ce qui monte dans ces moments-là mérite d'être regardé plutôt que comblé.

Le Hab-Miel dans les lames de l'Atanor

Dans l'Atanor, le jeu de 24 lames né de cet univers, une carte porte presque trait pour trait le visage du Hab-Miel : la lame 15, Un succès. Sa tranche dit « Récompense, Champion, Narcissisme ». « Il est dit de vous » que vous êtes dans la réussite de ce que vous entreprenez : c'est la bouffée de l'obtention, la joie vive de Marc. Et la lame vous invite à « prendre conscience de ne pas vous reposer sur vos lauriers ». Lue avec la carte des Fermiers, l'invitation prend un sens précis : ne pas vous endormir dans le pic, ni courir déjà vers le suivant, mais remarquer ce que ce succès fait en vous, et ce qui reste quand il retombe.

La lame ne prédit rien et ne juge pas la réussite. Elle offre la vue, jamais le pouvoir. Le second tome, Le Troisième Miel, déplie ce chemin en entier, et sa thèse sur la joie tient en une phrase : la goûter quand elle vient, pleinement, sans exiger qu'elle reste, et la laisser partir quand elle part, sans s'effondrer.

Questions fréquentes

Qu'est-ce que le Hab-Miel ?

Dans la trilogie Les Fermiers de Vincent Trapinaud, le Hab-Miel est l'énergie des émotions légères : joie, gratitude, amour, émerveillement. Plus rare et plus volatile que le Ba-Miel des émotions lourdes, il dépend toujours d'une cause extérieure. Le tome I l'appelle « l'engrais » du système, le tome II « le piège le plus doux » : une joie conditionnelle, produite en réaction et sans témoin, reste récoltable.

Pourquoi le bonheur obtenu ne dure-t-il pas ?

Les psychologues parlent d'adaptation hédonique : après un gain, le bien-être tend à revenir vers son niveau habituel, et l'on s'habitue à ce qu'on a obtenu. Le tome II des Fermiers en tire une observation : le pic de joie est presque toujours dans la poursuite, rarement dans la possession. Or la poursuite est une tension, et la course recommence à chaque objectif atteint.

Qu'est-ce que la positivité toxique ?

C'est l'injonction à rester positif en toutes circonstances, au prix de ce qu'on ressent vraiment. Le tome II du Troisième Miel l'écrit nettement : se forcer à la joie ou remplir un journal de gratitude comme un quota ne tarit pas la souffrance, cela l'enfouit. La tension continue de couler en dessous, pendant qu'on sourit par-dessus. La vraie gratitude se remarque, elle ne se commande pas.

Faut-il se méfier de la joie ?

Non. Les Fermiers insistent : les belles heures sont belles, et renoncer à la joie serait une erreur symétrique de la course au bonheur, qui produirait du ressentiment. Le problème n'est pas la joie mais sa structure quand elle dépend entièrement du dehors. La voie proposée : goûter la joie quand elle vient, pleinement, sans exiger qu'elle reste, et la laisser partir sans s'effondrer.

Comment sortir de la course au bonheur ?

Pas par une nouvelle méthode à performer, mais par l'attention. Restez quelques secondes dans la joie avant de la raconter ou de penser à la suite, repérez le moment où elle retombe, et posez le test du tome II : cette joie survivrait-elle à la disparition de sa cause ? Accueillir les moments vides plutôt que les combler aide à voir ce que la course servait à fuir.

Sources

Vincent Trapinaud
Vincent Trapinaud

Auteur de la trilogie Les Fermiers et créateur de l'Atanor, le Tarot des Fermiers. Il propose une carte, pas une croyance : chacun est libre de la confronter à sa propre expérience.

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